À Palerme, le pape François exhorte prêtres et consacrés à refuser toute hypocrisie et duplicité

Religions

par Nouvel Ordre Mondial 26 Vues comments

Texte original italien dans l’Osservatore Romano des 17-18 septembre 2018 (*)

La visite du pape François en Sicile, commencée dans la matinée du 15 septembre 2018 avec une halte à Piazza Armerina et la messe au Foro italico de Palerme, s’est poursuivie dans l’après-midi dans la cathédrale de Palerme, où étaient réunis prêtres, personnes consacrées et séminaristes.

La DC

Bonsoir ! Ce matin, nous avons célébré ensemble la mémoire du bienheureux Pino Puglisi ; maintenant, je voudrais partager avec vous trois aspects fondamentaux de son sacerdoce, qui peuvent aider notre sacerdoce et aider les consacrées et les consacrés non-prêtre, notre « oui » total à Dieu et à nos frères. Ce sont trois verbes simples, donc fidèles à la figure de don Pino, qui a été simplement un prêtre, un vrai prêtre. Et en tant que prêtre, un consacré à Dieu, par ce que même les sœurs peuvent participer à cela.

Le premier verbe c’est célébrer. Aujourd’hui encore, comme au centre de chaque messe, nous avons prononcé les paroles de l’Institution : « Prenez et mangez-en tous, car ceci est mon corps livré pour vous ». Ces mots ne doivent pas rester sur l’autel, ils doivent être intégrés dans la vie : ils sont notre programme de vie quotidienne. Nous ne devons pas seulement les dire in persona Christi, nous devons les vivre à la première personne. Prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous : nous le disons à nos frères, ensemble avec Jésus. Les paroles de l’Institution dessinent alors notre identité sacerdotale : elles nous rappellent que le prêtre est l’homme du don, du don de soi, chaque jour, sans vacances et sans pause. Parce que, chers prêtres, ce n’est pas une profession, mais un don ; ce n’est pas un métier, qui puisse servir même à faire carrière, mais une mission. Et il en est ainsi aussi de la vie consacrée. Chaque jour, nous pouvons faire notre examen de conscience même seulement sur ces paroles – prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous – et nous demander : « Aujourd’hui, est-ce que j’ai donné ma vie par amour du Seigneur, est-ce que je me suis “laissé manger” par mes frères ? » Don Pino a vécu comme cela : l’épilogue de sa vie a été la conséquence logique de la Messe qu’il célébrait chaque jour.

Il existe une seconde formule sacramentelle fondamentale dans la vie du prêtre : « Je te pardonne tes péchés ». Là, c’est la joie de donner le pardon de Dieu. Mais là, le prêtre, un homme du don, se découvre aussi homme du pardon. Nous tous, chrétiens, nous devons aussi être des hommes et des femmes de pardon. Les prêtres d’une manière particulière dans le sacrement de la réconciliation. En fait, les paroles de la réconciliation ne disent pas seulement ce qui se passe lorsque nous agissons in persona Christi, mais elles nous indiquent également comment agir selon le Christ. Je te pardonne : le prêtre, homme du pardon, est appelé à incarner ces paroles. Il est l’homme du pardon. Et, de façon analogue, les religieuses sont des femmes du pardon. Combien de fois dans les communautés religieuses il n’y a pas de pardon, il y a des commérages, il y a des jalousies… Non. Homme du pardon, le prêtre, dans la confession, mais tous les consacrés, hommes et femmes du pardon. Le prêtre n’a pas de rancœurs, il ne fait pas peser ce qu’il n’a pas reçu, il ne rend pas le mal pour le mal. Le prêtre est porteur de la paix de Jésus : bienveillant, miséricordieux, capable de pardonner les autres comme Dieu leur pardonne à travers lui (cf. Ep 4, 32). Il apporte la concorde là où il y a division, harmonie où il y a querelle, sérénité où il y a de l’animosité. Mais si le prêtre fait des commérages, au lieu d’apporter l’harmonie il apportera la division, il apportera la guerre, il apportera des choses qui feront que le presbyterium sera intérieurement divisé, ainsi qu’avec l’évêque. Le prêtre est un ministre de la réconciliation à plein temps : il administre « le pardon et la paix » non seulement dans le confessionnal, mais partout. Demandons à Dieu d’être des porteurs sains de l’Évangile, capables de pardonner du fond du cœur, d’aimer nos ennemis. Nous pensons à beaucoup de prêtres et à de nombreuses communautés, où l’on se hait comme des ennemis, pour la compétition, la jalousie, les carriéristes… ce n’est pas chrétien ! Un évêque m’a dit un jour : « Il y a des communautés religieuses et des prêtres que je baptiserais une nouvelle fois pour en faire des chrétiens ». Parce qu’ils se comportent comme des païens. Le Seigneur nous demande d’être des hommes et des femmes de pardon, de pardonner du fond du cœur, d’aimer nos ennemis et de prier pour ceux qui nous font du mal (cf. Mt 18, 35 ; 5, 44). Le fait de prier pour ceux qui nous ont fait du mal semble être une chose de musée… Non, aujourd’hui nous devons le faire. Aujourd’hui ! Votre force à vous, prêtres, de votre sacerdoce, votre force à vous, religieuses, de votre vie consacrée, est là : prier, comme Jésus, pour ceux qui font du mal.

Jésus, pour ceux qui font du mal. Le gymnase où vous vous entraînez pour être des hommes du pardon c’est d’abord le séminaire, puis le presbyterium. Pour les consacrés c’est la communauté. Nous savons tous qu’il n’est pas facile de nous pardonner entre nous : « Tu m’as fait cela ? Tu me le paieras ». Mais ce n’est pas seulement dans la mafia, même dans nos communautés et chez nos prêtres, il en est ainsi. Dans le presbyterium et dans la communauté, il faut nourrir le désir d’unir, selon Dieu ; de ne pas diviser comme le diable. Mettons-nous bien cela dans la tête. Quand il y a division, il y a le diable, il est le grand accusateur, celui qui accuse pour diviser : il divise tout ! Là, dans le presbyterium et dans la communauté, on doit accepter nos frères et nos sœurs, c’est là que le Seigneur appelle chaque jour à travailler pour surmonter les divergences. Et cela fait partie de façon constitutive du fait d’être prêtres et consacrés. Ce n’est pas un accident, cela appartient à la substance. Mettre la zizanie, provoquer des divisions, médire, faire des commérages ce ne sont pas des « petits péchés que tout le monde fait », non : c’est nier notre identité de prêtres, d’hommes du pardon et de consacrés, hommes de communion. Il faut toujours distinguer l’erreur de celui qui la commet, il faut toujours aimer et attendre le frère et la sœur. Nous pensons à don Pino, qui était disponible pour tous et il attendait tout le monde le cœur ouvert, même les personnes mauvaises.

Prêtre homme du don et du pardon, voilà comment conjuguer dans ta vie le verbe célébrer. Tu peux célébrer la messe tous les jours et ensuite être un homme de division, de commérages, de jalousie, même un « criminel », car tu tues ton frère avec ta langue. Et ce ne sont pas mes paroles, c’est ce que dit l’apôtre Jacques. Lisez la lettre de Jacques. Même les communautés religieuses peuvent écouter la Messe tous les jours, aller communier, mais avec de la haine dans leur cœur envers leur frère et leur sœur. Le prêtre est un homme de Dieu 24 heures sur 24, pas un homme du sacré lorsqu’il porte les vêtements liturgiques. Que la liturgie soit vie pour vous, que cela ne reste pas un rite. Pour cela, il est fondamental de prier Celui dont nous parlons, de nous nourrir de la Parole que nous prêchons, d’adorer le Pain que nous consacrons et de le faire tous les jours. Prière, Parole, Pain ; que le père Pino Puglisi, surnommé « 3 P », nous aide à nous souvenir des trois « P » essentiels pour tout prêtre, tous les jours, essentiels pour tous les consacrés, hommes et femmes, chaque jour : prière, Parole, Pain.

Homme du pardon, prêtre qui donne le pardon, c’est-à-dire homme de miséricorde et ceci surtout au confessionnal, dans le sacrement de la réconciliation. C’est tellement laid quand, lors de la confession, le prêtre commence à creuser, à creuser dans l’âme de l’autre : « Et comment c’était et comment tu fais… ». Cela, c’est un homme qui rend malade ! Tu es là pour pardonner au nom du Père, unique, qui pardonne, non pas pour mesurer jusqu’où je peux, jusqu’où je ne peux pas… Je crois que sur ce point de la confession, nous devons beaucoup nous convertir : recevoir les pénitents avec miséricorde, sans creuser dans l’âme, sans faire de la confession une visite psychiatrique, sans faire de la confession une enquête de détective pour enquêter. Le pardon, un cœur grand, la miséricorde. L’autre jour, un cardinal très sévère, je dirais aussi conservateur – parce qu’aujourd’hui nous disons : celui-ci est conservateur, celui-là est ouvert – un cardinal comme cela me disait : « Si quelqu’un vient au Père, parce que je suis là au nom de Jésus et du Père éternel et dit : Pardonne-moi, pardonne-moi, j’ai fait ceci, ceci, ceci… ; et je sens que selon les règles je ne devrais pas pardonner : mais quel père ne pardonne pas à son fils qui le lui demande avec des larmes et du désespoir ? » Puis, une fois pardonné, on lui donnera des conseils : « Tu devrais faire ceci… » ; ou bien : « Je dois faire cela et je le ferai pour toi ». Quand le fils prodigue est arrivé avec le discours préparé devant son père et qu’il a commencé à dire : « Père, j’ai péché !…», le père l’a embrassé, il ne l’a pas laissé parler, il lui a donné son pardon immédiatement. Et quand l’autre fils ne voulait pas entrer, le père est sorti pour lui donner à lui aussi cette confiance du pardon, de la filiation. C’est très important pour moi de guérir notre Église tellement blessée qu’on dirait un hôpital de campagne.

Enfin, toujours à propos de « célébrer », je voudrais dire quelque chose de la piété populaire, très répandue sur ces terres. Un évêque me disait que dans son diocèse il y a je ne sais combien de confréries et il ajoutait : « Je vais toujours les trouver, je ne les laisse pas seuls, je les accompagne ». C’est un trésor qui doit être apprécié et gardé car il a en lui une force évangélisatrice (1), mais le protagoniste doit toujours être le Saint-Esprit. Je vous demande donc de faire très attention, afin que la religiosité populaire ne soit pas instrumentalisée par la présence de la mafia, car alors, au lieu d’être un moyen d’adoration affectueuse, elle devient un véhicule d’ostentation corrompue. Nous l’avons vu dans les journaux, lorsque la Vierge s’arrête et s’incline devant la maison du chef de la mafia ; non, cela ne va pas, absolument pas ! À propos de la piété populaire, soyez attentifs, aidez, soyez présents. Un évêque italien m’a dit ceci : « La piété populaire c’est le système immunitaire de l’Église », c’est le système immunitaire de l’Église. Lorsque l’Église commence à devenir trop idéologique, trop gnostique ou trop pélagienne, la piété populaire la corrige, la défend.

Je vous propose un deuxième verbe : accompagner. L’accompagnement est la clé de voûte pour être des pasteurs aujourd’hui. Nous avons besoin de ministres qui incarnent la proximité du Bon Pasteur, des prêtres qui sont des icônes vivantes de la proximité. Il faut souligner ce mot de « proximité », car c’est ce que Dieu a fait. Il l’a fait d’abord avec son peuple. Il leur fait aussi des reproches sur ce point dans le Deutéronome – réfléchissez-y – il leur dit : « Dites-moi, avez-vous jamais vu un peuple qui a des dieux proches de lui comme ton Dieu est proche de toi ? ». Cette proximité, cette proximité de Dieu dans l’Ancien Testament, elle s’est faite chair, s’est faite l’un de nous en Jésus-Christ. Dieu s’est fait proche en s’anéantissant, se vidant, comme le dit Paul. La proximité, nous devons reprendre ce mot. Pauvres de biens et de déclamations, riches en relation et en compréhension. Pensons encore à don Puglisi qui, plus que de parler des jeunes, a parlé avec les jeunes. Être avec eux, les suivre, faire jaillir avec eux les questions les plus vraies et les réponses les plus belles. C’est une mission qui vient de la patience, d’une écoute accueillante, d’un cœur de père, d’un cœur de mère, pour les religieuses, et jamais d’un cœur de patron. L’archevêque nous a parlé de l’apostolat « de l’oreille », de la patience de l’écoute. La pastorale doit être faite ainsi, avec patience et dévouement, pour le Christ et à temps plein.

Don Pino arrachait au malaise social en faisant simplement le prêtre avec un cœur de pasteur. Apprenons de lui à refuser toute spiritualité désincarnée et à nous salir mains avec les problèmes des gens. Pour moi, elle sent mauvais, cette spiritualité qui te laisse les yeux renversés, fermés ou ouverts, et tu restes toujours là… Cela n’est pas catholique ! Allons à la rencontre des gens avec la simplicité de ceux qui veulent les aimer avec Jésus dans le cœur, sans projets pharaoniques, sans chevaucher les modes du moment. À notre âge, nous avons vu tant de projets pastoraux pharaoniques… Qu’ont-ils donné ? Rien ! Les projets pastoraux, les plans pastoraux sont nécessaires, mais comme un moyen, comme un moyen d’aider la proximité, la prédication de l’Évangile, mais en eux-mêmes, ils ne servent à rien. La voie de la rencontre, de l’écoute, du partage est la voie de l’Église. Grandir ensemble dans la paroisse, suivre les parcours des jeunes à l’école, accompagner les vocations, les familles et les malades ; créer des lieux de rencontre où prier, réfléchir, jouer, passer du temps sainement et apprendre à être de bons chrétiens et d’honnêtes citoyens. Voilà une pastorale qui enfante et qui régénère le prêtre lui-même, la religieuse.

Il y a une chose que je veux dire surtout aux religieuses : votre mission est grande, car l’Église est mère et sa façon d’accompagner doit toujours avoir un trait maternel. Vous, les religieuses, pensez que vous êtes une icône de l’Église, parce que l’Église est femme, épouse du Christ, vous êtes une icône de l’Église. Pensez que vous êtes une icône de la Vierge Marie, qui est mère de l’Église. Votre maternité fait tant de bien, tant de bien. Il y avait une fois – j’ai raconté cela si souvent, je le dis brièvement –, là où mon père travaillait, tant d’immigrés de l’après-guerre espagnol, des communistes, des socialistes… tous mangeurs de curé. L’un d’eux est tombé malade, il a été soigné trente jours chez lui par une religieuse qui venait lui apporter des soins suite à une très grave maladie, très difficile à soigner. Les premiers jours, il lui a dit tous les gros mots qu’il connaissait et la religieuse le soignait en silence. Cette histoire terminée, cet homme s’est réconcilié. Et une fois, comme il sortait du travail, avec d’autres, deux religieuses passèrent et les autres ont dit des paroles grossières, et lui, il a donné un coup de poing à l’un d’eux et l’a jeté à terre en disant : « Prends-en toi à Dieu et aux prêtres, mais ne touche pas à la Vierge Marie ni aux sœurs ! ». Vous êtes la porte, parce que vous êtes mères et l’Église est mère. La tendresse d’une mère, la patience d’une mère… S’il vous plaît, ne dévalorisez pas votre charisme de femmes et votre charisme de consacrées. Il est important que vous soyez impliquées dans la pastorale pour révéler le visage de l’Église mère. Il est important que les évêques vous appellent dans les conseils, dans les différents conseils pastoraux, car la voix de la femme est toujours importante, la voix de la consacrée, c’est important. Et je voudrais remercier les contemplatives qui, par la prière et par le don total de leur vie, sont le cœur de l’Église mère et font battre dans le Corps du Christ l’amour qui relie tout.

Célébrer, accompagner et maintenant le dernier verbe, qui est en fait la première chose à faire : témoigner. Cela nous concerne tous et cela vaut en particulier pour la vie religieuse, qui est en elle-même témoignage et prophétie du Seigneur dans le monde. Dans l’appartement où vivait le père Pino, il y a une simplicité authentique. C’est le signe éloquent d’une vie consacrée au Seigneur, qui ne cherche pas les consolations ni la gloire du monde. Les gens recherchent cela chez le prêtre et chez les consacrés, ils cherchent le témoignage. Les gens ne sont pas choqués quand ils voient que le prêtre « fait un faux pas », c’est un pécheur, il se repent et avance… Les gens se scandalisent quand ils voient des prêtres mondains, avec l’esprit du monde. Les gens se scandalisent quand ils trouvent dans le prêtre un fonctionnaire, pas un pasteur. Et cela, mettez-le vous bien dans la tête et dans le cœur : des pasteurs, oui, des fonctionnaires non ! La vie parle plus que les mots. Le témoignage est contagieux. Devant don Pino demandons la grâce de vivre l’Évangile comme lui : à la lumière du soleil, immergé dans son peuple, riche du seul amour de Dieu. On peut tellement discuter de la relation Église-monde et Évangile-histoire, mais c’est inutile si l’Évangile ne passe pas d’abord par la vie personnelle. Et l’Évangile nous demande cela aujourd’hui plus que jamais : servir dans la simplicité, dans le témoignage. Cela signifie être des ministres : non pas remplir des fonctions, mais servir joyeusement, sans dépendre des choses qui passent et sans se lier aux pouvoirs du monde. Ainsi, libres pour témoigner, l’on manifeste que l’Église, est sacrement du salut, c’est-à-dire un signe qui indique et un instrument qui offre le salut au monde.

L’Église n’est pas au-dessus du monde – ce serait du cléricalisme – l’Église est dans le monde, pour le faire fermenter, comme le levain dans la pâte. Pour cela, chers frères et sœurs, il faut bannir toute forme de cléricalisme. Le cléricalisme est l’une des perversions les plus difficiles à éliminer aujourd’hui. Il ne faut pas qu’il y ait chez vous des comportements hautains, arrogants ou dominateurs. Pour être des témoins crédibles, il faut rappeler qu’avant d’être prêtres nous sommes toujours des diacres ; avant d’être des ministres sacrés nous sommes les frères de tous, des serviteurs. Que diriez-vous à un évêque qui me raconte que certains de ses prêtres ne veulent pas aller dans un village voisin pour dire une messe pour les défunts si une offrande n’arrive pas avant ? Que diriez-vous à cet évêque ? Et il y en a ! Frères et sœurs, il y en a ! Prions pour ces frères, fonctionnaires. Le carriérisme aussi et le népotisme sont des ennemis à évincer parce que leur logique est celle du pouvoir, et le prêtre n’est pas un homme de pouvoir, mais de service. La sœur n’est pas une femme de pouvoir, mais de service. Témoigner signifie ensuite fuir toute duplicité, celle de l’hypocrisie, qui est si liée au cléricalisme ; fuir toute duplicité de la vie, au séminaire, dans la vie religieuse, dans le sacerdoce. Vous ne pouvez pas vivre une double morale : une pour le peuple de Dieu et une autre chez vous. Non, le témoignage est un. Le témoin de Jésus lui appartient toujours. Et pour son amour, il entreprend un combat quotidien contre ses vices et contre toute mondanité aliénante.

Enfin, le témoin c’est celui qui, sans périphrases, mais avec le sourire et une sérénité confiante, sait redonner courage et consoler, car il révèle naturellement la présence de Jésus ressuscité et vivant. Je vous souhaite à vous, prêtres, consacrés, hommes et femmes, séminaristes, d’être des témoins d’espérance, comme don Pino l’a dit un jour : « Pour qui est désorienté, le témoin de l’espérance indique non pas ce qu’est l’espérance mais qui est l’espérance. L’espérance c’est le Christ et on l’indique logiquement par une vie personnelle orientée vers le Christ » (2). Pas par des mots.

Je vous remercie et je vous bénis, et excusez-moi si j’y suis allé un peu fort, mais j’aime bien parler comme ça ! Je vous souhaite la joie de célébrer, d’accompagner et de témoigner du grand don que Dieu a placé dans vos cœurs. Merci et priez pour moi !

(*) Traduction française de l’ORLF n. 38 du 20 septembre 2018. Titre de La DC.

(1) cf. Pape François, Exhortation apostolique Evangelii gaudium, nn. 122-126 ; DC 2014, n. 2513, p. 39-40.

(2) Discours au congrès du mouvement « Presenza del Vangelo », 1991.

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