20 femmes tuées au Mexique: Il compte «nettoyer le monde de ces saloperies»

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«C'est leur maison», indique une boulangère du quartier, en désignant un petit immeuble aux murs bleus à Ecatepec, dans la banlieue de Mexico, où vivait un couple de tueurs en série soupçonnés d'avoir tué 20 femmes.

Pourtant habitués à des taux de criminalité très élevés, les habitants d'Ecatepec - l'une des zones les plus pauvres et violentes de la capitale - sont toujours sous le choc, quelques jours après l'arrestation du couple.

«Imaginez l'impression que ça fait! C'est vraiment horrible», frémit Jessenia Cruz, 32 ans, qui a ouvert un salon de coiffure dans cet immeuble, il y a deux mois. Dans l'un des appartements du dessus, Juan Carlos «N» et Patricia «N» stockaient dans un réfrigérateur et dans des récipients remplis de formol les restes de plusieurs femmes qu'ils avaient tuées.

Le couple attirait des mères célibataires aux revenus modestes en leur proposant à la vente des vêtements pour bébés.

L'homme a admis avoir abusé sexuellement de plusieurs d'entre elles avant de les assassiner et de vendre leurs affaires. Lui et sa compagne ont été arrêtés alors qu'ils transportaient, dans une poussette, des restes de leurs victimes.

Non loin de leur domicile, des bougies et des fleurs ont été déposées devant le terrain vague où le couple aurait fait disparaître plusieurs corps.

«Pas une de plus: ça suffit !» pouvait-on lire sur une pancarte déposée par des militantes.

Laura, 60 ans et propriétaire d'un commerce à proximité, se dit surprise: Juan Carlos «N» était «une personne insignifiante, comme n'importe qui, qui passait et vous saluait», assure-t-elle.

Installés il y a six mois dans le quartier, les deux criminels étaient même venus, à plusieurs reprises, lui proposer des parfums et du fromage à la vente, raconte-t-elle.

- Ville des féminicides -

Dans les années 90, la ville de Ciudad Juarez et ses alentours désertiques, à la frontière avec les États-Unis, étaient devenus tristement célèbres pour les meurtres de femmes qui y étaient commis. Environ 400, selon Amnesty international, la plupart non résolus. Aujourd'hui, Ecatepec, et son 1,7 million d'habitants, détient le triste record de féminicides du pays.

Des corps mutilés, brûlés ou à moitié nus apparaissent régulièrement dans les champs, terrains vagues ou eaux usées dans cette banlieue de la capitale.

Dans l'État de Mexico, où est située Ecatepec, 301 femmes ou jeunes filles ont été assassinées l'an dernier, selon des chiffres officiels.

«Ces crimes sont commis avec une haine évidente», selon la responsable de l'Observatoire national citoyen des féminicides, Maria Luz Estrada.

Face à cette situation, certaines adolescentes ou jeunes femmes prennent des cours d'arts martiaux pour apprendre à se défendre.

Tomy, un vendeur de 41 ans, conseille à ses amis de ne jamais laisser leurs filles seules, «surtout si elles sont jolies, car ce sont celles qui disparaissent le plus».

«Heureusement que je n'ai pas une famille, avec des femmes ici», lâche David Rosales, un habitant de 60 ans, en passant devant le terrain vague macabre, entouré d'un cordon de sécurité.

Désordre mental

Dans une vidéo de son interrogatoire diffusée par les médias mexicains, le tueur en série, âgé d'une trentaine d'années, dit préférer «voir ses chiens manger la chair de ces femmes plutôt qu'elles ne continuent de respirer (son) oxygène».

Il prévient que s'il est libéré, il continuera de tuer des femmes pour «nettoyer le monde» de ces «saloperies», avant de fondre en larmes, racontant qu'une ancienne compagne l'a quitté pour un autre.

Il raconte enfin que lorsqu'il avait dix ans, sa mère se prostituait et le confiait à une autre femme, qui abusait de lui.

Selon un examen psychiatrique, Juan Carlos «N» présente «un désordre mental avec psychose et trouble de la personnalité», tandis que sa compagne est «déficiente mentale depuis sa naissance».

«Les deux sont capables de distinguer le bien du mal» précise toutefois le document. Malgré leur arrestation, l'angoisse est montée d'un cran dans le quartier. «Ca joue sur les nerfs de savoir qu'il y a ici des gens aussi mauvais, qui pourtant semblent normaux» s'inquiète Tomy.

(nxp/afp)


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